Livre Les jeudis muets

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Compte rendu de lecture

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1 Compte rendu de lecture le Mar 11 Nov - 20:18

Bonsoir chère madame,

Je viens de terminer votre livre et je voulais vous remercier pour ce beau témoignage et cette réflexion que vous menez sur les familles désunies. On se rend bien compte à vous lire le poids de souffrance que vous avez supporté par le luxe de détails et les mots que vous utilisez que l'on trouve bien dans le dictionnaire mais que peu de personnes emploient maintenant. Pour cela il y a du Balzac dans votre façon d'écrire! On voit bien que la lecture vous a donné une carapace capable de vous protéger un minimum. vous avez été profondément marquée, tout de même, pour en écrire un tel livre des dizaines d'années après être sortie de l'enfer que votre maman vous a offert! J'ai du mal à comprendre comment une personne peut devenir si enragée contre l'auteur de ses propres enfants au point de vouloir les utiliser dans son désir de vengeance. C'est incompréhensible. Par contre votre volonté de ne pas rompre avec votre mère au point d'avoir réussi à vous réconcilier avec elle sur la fin de sa vie est un bel acte de charité et a, sans nul doute, facilité votre propre construction et votre apaisement, c'est très beau! félicitations! c'est un bel exemple pour nous tous à commencer par vos propres enfants.

Je retrouve dans mon épouse des traits de votre maman en moins violent, peut-être, mais de façon plus hypocrite et pas forcément moins destructeur pour les enfants. Je retrouve ce côté "Sainte Nitouche" que votre maman savait montrer en public et qui trompe tous les étrangers à son intimité avec nos enfants: frères, sœurs, amis, connaissances, avocats mais là ils y trouvent naturellement leur intérêt puisque plus cela dure et mieux c'est pour le "tiroir caisse": jamais le bien de la famille en tant que tel ne les effleure: c'est les droits de MA cliente, point barre!

Les travers de la "Justice" que vous dénoncez avec vigueur sont peut-être pires maintenant qu'à votre époque car les postes de juges, d’avocats, d'assistances sociales, à de rares exceptions près, sont tenus maintenant par des militantes féministes qui donnent tout aux femmes. De plus les lois ont été revues en leur faveur; ainsi la séparation est devenue un droit intangible avec interdiction d'en connaître les raisons. Les enfants sont confiés aux mamans, la non présentation d'enfants est classée systématiquement sans suite quand la police accepte de prendre les plaintes. La police ne se déplace jamais. La pension alimentaire non payée est prélevée sur le salaire par les huissiers et si le père fait de la résistance comme votre papa, les enfants "demandent" (poussés par la mère bien entendu) à être entendus par la juge et les droits sont systématiquement diminués pour le père car ils demandent à rester avec la mère. A partir de 12 ans c'est eux qui décident chez qui ils veulent aller et ils se trouvent dans le même dilemme que vous quand l'assistante sociale après son enquête bâclée vous a demandé en présence de votre mère chez qui vous vouliez aller et la réponse est toujours la même: avec maman pour les raisons que vous avez fort bien montrées: ne pas perdre maman!! ( et pouvoir rentrer chez soi: le domicile familial étant confié à la mère et le père a droit à une convocation à la gendarmerie pour "violation de domicile" s'il rentre dans son jardin: situation vécue!!)

Franchement, je vois une dégradation depuis votre époque de ce côté. Il reste les groupes de paroles avec les associations mais c'est une maigre compensation et ne solutionnent absolument pas le problème des enfants.

Heureusement en grandissant, ils finissent comme vous par se rendre un peu compte mais il y a toujours cette volonté de ne pas couper avec la mère et pour cela il ne faut pas voir papa trop souvent!

Pour revenir à votre livre, je suis frappé par votre réflexion à l'âge de 9 ans et le fait que vous culpabilisiez vis à vis de votre père. Les réflexions que vous transcrivez me paraissent bien fortes et matures pour un enfant de cet âge. Ne pensez-vous pas que cette réflexion est faite des années après les événements et ne pensez-vous pas qu’inconsciemment vous mettez votre réflexion d'adulte dedans sans vous en rendre compte, bien sûr?

Voilà, sinon encore bravo et félicitations pour votre courage.
Votre témoignage est capital pour nous les pères qui sommes injustement rejetés à la demande de la mère et avec le "bénédiction" de la "Justice".
Une femme qui défend son père contre sa mère avec autant de justesse! Merci de tout cœur. Superbe témoignage!

Suite aux mêmes mésaventures que dans votre témoignage, je suis devenu adhérent à SOS PAPA et j'ai été frappé par le nombre des pères qui sont bafoués.
Je m'attendais à rencontrer des pères hystériques ou violents et quelle n'a pas été ma surprise de constater que tous ces pères n'avaient qu'un souhait: pouvoir s'occuper de leurs enfants et pouvoir leur donner le bonheur auxquel ont droit les propres enfants.
Je fais partie de l'UDAF pour une autre association mais SOS PAPA étant reconnu au niveau de l'UNAF, il serait possible de pouvoir entrer dans toutes les UDAF de France et ainsi pouvoir faire progresser nos demandes.
A ce sujet la première demande des pères c'est d'obtenir une loi instituant la garde alternée systématique ce qui rétablirait un minimum d'égalité et de traitement entre le père et la mère.
J'y ajouterai une seconde demande c'est d'autoriser celui qui ne demande pas la séparation a obtenir de façon systématique la garde des enfants et le logement familial sauf bien évidement s'il y a des raisons graves et recevables s'y opposant. En effet, aujourd’hui la séparation est un droit et il est interdit d'en demander les raisons. Pourquoi alors chasser le père qui ne demande rien du domicile familial??
Voilà! encore bravo!

Pourquoi tant de haine, je n'arrive pas à comprendre!!

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2 Re: Compte rendu de lecture le Sam 6 Déc - 18:57

Sylvie

avatar
Admin
Je vais essayer de répondre le plus honnêtement possible à votre interrogation sur mes réflexions et culpabilité à l'âge de 9 ans.

Mettre un âge sur une pensée a été la partie la plus difficile de l'écriture : est-ce réellement à cet âge que j'ai pensé, dit ou fait cela ? Cette tâche a été facilitée après mes quinze ans.
Les événements, les actes, les paroles, les images, conservés dans la mémoire, sont liés entre eux et déterminent des points de repère pour le témoignage.
Mes souvenirs remontent avant l'âge de six ans puisque je me souviens bien de mon premier lieu de vie, et aucun membre de ma famille ne m'a raconté ce dont je me souviens pour que je m'approprie ses propos. Mes deux autres lieux de vie m'ont aidée à situer dans le temps ce que j'ai écrit.
À 15 ans, j'ai entrepris de tenir un journal intime que j'ai rouvert pour écrire Les jeudis muets. À partir de ce moment-là, ma mémoire a été plus fidèle à la réalité, mes points de repère plus solides.
Au décès de mon père, ma belle-mère m'a confié son dossier de divorce, il contenait les lettres que nous lui écrivions sous la dictée. Ma mère avait gardé un volumineux dossier que j'ai pu consulter. Des lettres familiales m'ont permis d'inscrire dans le temps les faits évoqués.

Bien que je ne sois pas compétente dans ce domaine, je pense qu'un enfant culpabilise d'abord inconsciemment, et progressivement en toute conscience, et ses réflexions et comportement vont de pair avec sa culpabilité : très jeune j'agressais les passants, je volais, j'étais indifférente aux apprentissages scolaires, je m'isolais dans un monde intérieur...
Mon père était malade. Dans ma famille paternelle, on nous jetait à la figure qu'il était malade à cause de nous et qu'il allait peut-être mourir. Le discours de ma mère n'était pas beaucoup différent dans la mesure où elle se réjouissait qu'il allait crever et que nous serions bientôt débarrassées de lui. Quand un enfant baigne dans cette ambiance, s'il n'adopte pas le discours de celui qui se réjouit, il croit réellement que son parent va mourir. Et s'il meurt c'est à cause de lui puisque plusieurs personnes le lui répètent.

Dans mes premières années, quand mon père exerçait son droit de visite, je lui faisais des "vacheries" pour faire plaisir à ma mère et me valoriser aux yeux de celle-ci. C'était le seul moment où elle me félicitait. Je me souvenais de la bonté de mon père à l'égard de ses filles et pourtant je lui faisais des "vacheries". Et ces vacheries-là allaient le faire mourir. Il ne le méritait pas, mais j'avais besoin que ma mère m'aime un peu. La culpabilité était bien présente, probablement inconsciente, ce qui ne m'empêchait pas de m'en vouloir et d'avoir honte de les commettre, et honte de moi parce que je conservais des images de bonheur que je réactivais par contrecoup de son absence.

Au moment de ma communion solennelle j'ai pris conscience que ma mère nous racontait des choses fausses sur notre père. Je commençais à la détester. Ma double culpabilité est devenue complètement réelle et vécue dans l'horreur. Le catéchisme me prouvait que j'étais mauvaise et que je commettais des dégâts autour de moi. De plus, à cette époque, mon père s'est éloigné de nous pour protéger son nouveau couple. Il me manquait, bien sûr, comme le parent exclu manque à tous les enfants. Dans mon esprit, il s'était privé de nous à cause de nos mauvaises actions. Il était trop tard pour réparer. Sa maladie empirant, je culpabilisais à fond, une culpabilité toute intérieure, dévastatrice.

Pour conclure, traduire à l'âge adulte un vécu d'enfant est un exercice extrêmement difficile. La perception n'est plus la même, elle a évolué avec le cheminement vers la reconstruction. Malgré la volonté de fidélité, le témoignage est fait de détails qui ont pris une importance démesurée, d'oublis, de refoulements, de culpabilités inconscientes, de choix de mots..., qui en altèrent l'authenticité mais ne modifient pas les faits. Pour moi, ce qui compte le plus reste de mettre l'accent sur une personnalité destructrice à qui la justice a confié les enfants d'un couple séparé. Ces enfants auront plus de chance de se sortir du guêpier dans lequel ils se trouvent, s'ils entretiennent des contacts réguliers avec chacun de leurs parents.

Chers visiteurs du forum, je vous invite à partager vos observations pour nous aider à réfléchir sur les notions de culpabilité chez l'enfant, de mémoire sélective, ou tout autre sujet qui vous tient à cœur.

Voir le profil de l'utilisateur http://jeudismuets.forumactif.org

3 la culpabilité à l'âge de 9 ans ? le Lun 8 Déc - 20:57

patichepb a écrit: la culpabilité à l'âge de 9 ans !

Bonsoir, je me permets de réagir à la réaction de ce père en souffrance et je regrette un peu tant de généralisations.  Ainsi ce n'est pas le fait de juges féministes que des décisions inadéquates soient prises. hommes ou femmes, les professionnels qui sont censés aider à la décision ne peuvent pas imaginer tout simplement qu'un mère puisse considérer ses enfants comme des objets de pression et non comme des SUJETS. De vraies personnes. On croit encore à l'instinct maternel encore au 21 ème siècle alors qu'il y a des mères qui ne font des enfants que pour les rendre fous.
Je travaille depuis 15 ans maintenant dans l'aide aux personnes victimes de violence perverse notamment des pères et des enfants dans les situations de séparations "conflictuelles" appelées ainsi parce qu'on n'a pas trouvé d'autres mots. Pour moi il ne s'agit pas là de conflit car le conflit est le fait que deux personnes n'aient pas le même avis sur une situation. il s'agit ici plutôt d'agression tout simplement. invisible certes sauf pour la victime et son bourreau.
Culpabilité à 9 ans ? peut être n'est-ce pas le bon terme. je crois qu'il est préférable de parler de "CONFLIT DE LOYAUTE" vis à vis du parent agresseur. C'est une maltraitance et, ce terme-là, les juges le connaissent et le comprennent.
Oui, je peux assurer que l'enfant , dans de nombreuses situations, protègent le parent agresseur et se retourne contre le parent protecteur. c'est une sorte de syndrome de Stockholm.  
Tout ce mécanisme est très complexe à comprendre. Mais on arrive toujours à faire en sorte que la roue tourne. Par contre, il ne faut jamais se mettre la justice à dos. Ni les travailleurs sociaux. Car il n'y a pas meilleure  victoire pour le pervers  que de déléguer sa violence : aux enfants, aux juges, aux professionnels....
Jeanne HILLION de POIL DE CAROTTE , association pour enfants tristes

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4 père en soufrance le Dim 25 Jan - 22:55

Bonsoir,
Je vous remercie de votre avis et je partage votre vision: la séparation n'est pas "conflictuelle" mais est une agression pure et simple validée par la "justice". C'est assez vrai!
Vous déplorez la généralisation que je fais ,selon vous, de façon un peu systématique. je crois que vous ne pouvez pas vous mettre à la place du père, de l'homme broyé par cette mécanique appelé "justice". je ne le croyais pas avant d'y être passé. cette justice "féministe" est organisée contre la gente masculine et entre autre contre le "père" même si quelques juges et avocats sont encore des hommes ( environ 5%!). ce que je ne peux "encaisser" c'est que le père soit SYSTÉMATIQUEMENT expulsé de chez lui sans pouvoir voir ses enfants au seul motif que madame demande 'la séparation". C'est le seul cas de "justice" où on est condamné sans savoir pourquoi, sans raison, sans faute et sans possibilité de pouvoir faire appel: la décision est irrévocable et non suspensive ce qui n'est pas le cas pour les délinquants  classique. il faut une certaine dose de retenue pour ne pas tout détruire ensuite. La "justice " a une grande part de responsabilité, jamais pointée du doigt, dans les drames familiaux qui se produisent tous les jours. Je ne vois pas pourquoi le père ne pourrait pas aimer ses enfants autant que la mère. C'est révoltant, c'est tout!

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