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Livre Les jeudis muets » Discussions autour du livre » Oublier le passé.... pour renaître !

Oublier le passé.... pour renaître !

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Je suis Annie, la Sœur de l’Auteur. Avec elle, j’ai partagé les moments les plus difficiles de notre enfance à l’âge où les petites filles pensent plus à bercer leur poupée. Puis, nous avons traversé l’adolescence où les caractères se forment ; le droit de juger, celui de ne pas être d’accord, apparaissent. Un jour, j’ai pris le parti de tout oublier de cette vie passée ; de construire un avenir professionnel ; d’apprendre à construire un foyer où la haine n’existerait pas ; où les enfants seraient élevés pour eux-mêmes pour qu’ils deviennent à leur tour des Hommes heureux de vivre, responsables de leurs choix et indépendants. Ce chemin, même s’il était tout tracé, n’était pas forcément des plus faciles après tant de tourmentes. Il m’a bien fallu 30 ans pour faire le vide, pour tout oublier du passé. Aujourd’hui, je peux lire « LES JEUDIS MUETS » avec sérénité, même si je garde en moi le sentiment de honte d’avoir vécu ces sinistres années. Mais que pouvions-nous faire de plus ? Ce livre, même s’il est un témoignage, est aussi écrit avec beaucoup d’humour, ce qui lui confère une certaine légèreté. J’attache un intérêt tout particulier à la construction des phrases, les termes employés. A travers ce livre, on découvre aussi notre région, la Normandie, avec son patois (retraduit !), ses habitudes de l’époque (les années 60 !). Il rend hommage à nos grands-parents, des gens qui ont travaillé dur toute leur vie, dans des métiers qui aujourd’hui n’existent plus (casseur de cailloux !). Ce témoignage est aussi un exemple pour nos jeunes : celui qui veut s’en sortir, le peut, même s’il a traversé des périodes difficiles. Avec le courage, la volonté, on pourrait abattre des montagnes !

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Sylvie

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Eh non ! Notre mère n'a pas tout détruit en nous ! Annie et moi étions deux sœurs soudées dans l'adversité, pleines d'optimisme et d'espérance malgré tout. Nous partagions les rires et les larmes, nous savions que le bonheur viendrait jusqu'à nous lorsque nous en aurions fini avec notre enfance, nous nous projetions sur l'avenir. L'avenir ne nous a pas déçues, nous avons cueilli toutes les joies de la vie et nous les cueillons encore à travers ceux qui nous sont chers. Parmi ces joies se trouvait la volonté de créer. Créer pour oublier, créer pour exister, créer pour être soi, Annie par le jeu des couleurs et des étoffes et moi par la musique des mots.
Annie achète ses tissus sur des coups de cœur. Puis elle les laisse sommeiller dans des caisses "d'Ali-Baba" jusqu'à ce que son imagination se mette en marche au contact des matières, imprimés, coloris. Et la voilà qui se penche sur sa table de travail, coupe, épingle, faufile, donne une forme à ses étoffes qu'elle transforme en objets. Ses créations sont uniques, son travail artisanal, la technique maîtrisée, sans cesse améliorée grâce à l'expérience. Elle recherche la perfection, elle attache une valeur aux belles choses. Son œil de lynx est sans concession pour la confection de masse qui nous arrive en milliers d'exemplaires stockés dans d'immenses conteneurs avec des imperfections, des défauts qui en diminuent la valeur. Son travail n'a rien à voir avec une production à grande échelle. Elle est désintéressée, elle prend son temps, le résultat la comble ou la chagrine, la satisfaction de ses clients est primordiale.
Le client lui fait confiance, il apprécie la finesse, l'esthétique et l'originalité de la réalisation.
Annie présente ses produits sur le site alittleMarket :
www.alittlemarket.com/boutique/annie-couture

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Merci, Sylvie, pour le joli portrait que tu fais de moi dans mon « rôle » de retraitée active !

Effectivement, notre mère n’a pas tout détruit en nous. Je dirais même : au contraire ! elle a fait de nous des filles qui avaient la rage de vaincre, la volonté de réussir, de faire quelque chose de notre vie qui soit à notre image, et en tout cas, dénuée de tout sentiment de haine, de méchanceté. Bien sûr, nous avons rencontré des gens qui nous ont compris et qui nous ont aidés. Mais nos chemins ont aussi été semés d’embûches, et il nous a fallu réagir…

L’esprit créatif, nous l’avons eu très jeunes : c’était notre façon de réussir devant les punitions et les privations.

Souviens-toi, Sylvie, tu étais très jeune lorsque tu voulais rejoindre le Docteur SCHWEITZER dans son hôpital de LAMBARENE ! A cette époque, tu n’en mesurais certainement pas les difficultés, mais quel projet ! quelle ambition ! quelle force de caractère !

Quant à moi, je voulais être Hôtesse de l’Air ! l’envie de voyager, l’envie de rêver…

Nous n’avons pas réalisé ces rêves-là, mais nous avons fait d’autres choses, toutes aussi méritoires les unes que les autres, parce que nous les avons choisies.

Notre mère était bonne couturière ; malheureusement, elle ne nous a rien montré ! Cependant, en la regardant faire, j’ai goûté au plaisir de voir que l’on peut faire tant de belles choses à partir d’une simple étoffe. Elle était autodidacte, je le suis également. C’est devenu une vraie passion et j’ai la chance de pouvoir la réaliser. Quand je suis dans mon atelier, devant mes caisses de tissus dont je prends tant de soin pour ne pas les défraîchir ; quand je suis devant ma modeste machine à coudre, l’esprit « voyage » et j’imagine la transformation de ces étoffes en des articles uniques. Je pratique  cette activité depuis plusieurs années, et lorsque je réalise une vente, je suis encore bouleversée comme lors de ma première vente. C’est comme si, aujourd’hui, j’avais vaincu toutes ces années où l’on m’avait rabâché que j’étais « propre à rien ». J’ai peut-être gardé en moi, cet esprit de petite fille qui attend son image parce que son travail est bien fait et juste ! Eh bien oui, l’être humain a besoin d’être valorisé pour avancer ! La reconnaissance est nécessaire à la motivation.

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La création est un moyen d’expression à part entière qui peut véhiculer tant de messages, d’émotions et dévoiler le vécu d’une personne. Il faut avoir du courage pour accepter de livrer un « petit bout de soi » et ce, quelque soit le moyen artistique ; mais il en faut encore plus pour affronter le regard critique et parfois acerbe des observateurs qui ne se rendent plus compte de ce qu’est le travail manuel et de l’énergie que cela demande. Avoir des parents créatifs est un cadeau pour les enfants et leur entourage car il émerveille et ouvre l’esprit aux 1000 et 1 possibilité qui gravitent autour d’un objet, d’une idée, d’un mot, d’une couleur, d’une forme, d’une matière, de la VIE… De grandes œuvres naissent souvent d’un lourd passé. S’exprimer s’est vivre ou revivre.
J’ai eu la chance que mes parents me laissent développer mon esprit créatif et je ne pourrai pas vivre sans créer car c’est ce qui me permet d’exister. Du négatif nait le positif. De la destruction humaine renaît la beauté de l’être. Cultivons nos expressions artistiques…

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